Muladhara, le Chakra Racine : Retrouver ses fondations

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Quand le chakra racine dérange (et c’est bon signe)

Je dois vous avouer quelque chose : au début de ma pratique, je détestais les séquences axées sur le chakra racine. Je les trouvais terriblement « statiques », inconfortables. Aujourd’hui, je comprends pourquoi : au-delà des limitations physiques liées à un passé peu « sportif », mon Muladhara était profondément déséquilibré. Ma vie oscillait entre un besoin viscéral de sécurité et des choix peu sécurisants, une vie amoureuse agitée, des schémas familiaux non résolus. Je refusais de voir les choses telles qu’elles étaient, et ces postures m’y forçaient. C’est précisément cet inconfort qui m’a mise sur le chemin de la guérison.

Les chakras : ces roues d’énergie qui nous animent

Avant de plonger dans Muladhara, posons les bases : c’est quoi, un chakra ?

Le mot « chakra » vient du sanskrit et signifie « roue » ou « disque ». Dans la philosophie yogique, les chakras sont des centres énergétiques situés le long de notre colonne vertébrale. Imaginez-les comme des carrefours où circule notre énergie vitale, appelée « prana ».

Nous avons sept chakras principaux, chacun associé à des aspects différents de notre être : physique, émotionnel, mental et spirituel. Quand l’énergie circule librement dans ces centres, nous nous sentons alignés, vivants, équilibrés. Mais quand un chakra est bloqué ou déséquilibré, cela peut se manifester par des inconforts physiques, émotionnels ou comportementaux.

Les chakras ne sont pas des organes physiques que l’on peut voir à l’IRM. Ils appartiennent au corps subtil, cette dimension énergétique que le yoga nous invite à explorer et à comprendre.

Muladhara : la racine de tout

Muladhara, le premier des sept chakras, se situe à la base de la colonne vertébrale, au niveau du coccyx et du périnée. Son nom vient de « mula » (racine) et « adhara » (support, base).

Pensez à une fleur magnifique. Sans racines solides et bien nourries, elle ne peut ni grandir ni s’épanouir. Muladhara, c’est exactement ça : notre racine. Notre fondation. Le point d’ancrage à partir duquel toute notre évolution spirituelle peut prendre son essor.

C’est ici que réside la Kundalini Shakti, cette énergie primordiale lovée comme un serpent endormi. Dans la tradition yogique, l’éveil spirituel consiste justement à permettre à cette énergie de remonter le long de la colonne vertébrale, de chakra en chakra, jusqu’au sommet de notre crâne (Sahasrara). Mais tout commence ici, à la base. Sans un Muladhara équilibré, difficile de s’élever.

Les attributs de Muladhara

Ce chakra gouverne nos besoins les plus fondamentaux : vitalité, vigueur, croissance. Il est intimement lié à nos besoins primaires comme se nourrir, dormir, se sentir en sécurité physiquement et émotionnellement. C’est notre instinct de survie, notre connexion au concret, au tangible.

Quand Muladhara rayonne, nous nous sentons enracinés, stables, confiants. Nous faisons face aux défis de la vie avec force et sérénité.

Mais quand il est déséquilibré, plusieurs manifestations négatives peuvent apparaître : paresse, inertie, sentiment de déconnexion du monde, ou au contraire une agitation permanente, une incapacité à s’ancrer dans le moment présent. C’était exactement mon cas : oscillant entre léthargie et fuite en avant.

Les caractéristiques symboliques

Le lotus à quatre pétales : Chaque pétale symbolise une dimension de notre psyché : le mental (Manas), l’intellect (Buddhi), la conscience (Chitta), et l’ego (Ahamkara).

La couleur rouge : En référence à Shakti, l’énergie féminine cosmique qui évoque le mouvement et la force vitale.

Le mantra LAM : Le son-semence qui aide à activer et harmoniser ce centre énergétique.

Le triangle inversé : Il représente l’énergie qui remonte depuis ce point de départ. La pointe basse symbolise le début de notre apprentissage spirituel.

L’élément Terre : Son énergie dense et solide nous connecte au sol. Sans Muladhara équilibré, impossible de s’élever vers Sahasrara, notre pont vers l’Univers.

Les zones physiques concernées

Physiquement, Muladhara gouverne la base du coccyx, le périnée et les parties intimes. Mais son influence s’étend aussi aux hanches, aux jambes et aux pieds – toutes ces parties du corps qui nous relient littéralement à la terre.

Lorsque ce chakra est bloqué, on peut ressentir des douleurs dans le bas du dos, des tensions dans les hanches, ou même des troubles digestifs. Sur le plan émotionnel, un Muladhara déséquilibré peut générer anxiété, insécurité chronique, stress, et parfois une perte d’envie de Vivre, un sentiment de ne pas avoir notre place ici-bas.

Pourquoi travailler sur Muladhara ?

Que Muladhara soit sous-stimulé ou sur-stimulé, le déséquilibre peut engendrer des douleurs physiques, des symptômes somatiques, de la négativité, du stress et une perte d’élan vital.

Lorsque ce chakra est équilibré, tout change. On se sent ancré, en sécurité, stable. On peut affronter les défis de la vie avec confiance. On ose prendre des risques calculés. On dort mieux, on se nourrit mieux, on se sent… vivant.

Pour moi, rééquilibrer Muladhara a été une révélation. J’ai progressivement cessé de fuir. J’ai appris à m’enraciner dans le présent, à accepter mes émotions, à construire des bases solides dans ma vie personnelle et professionnelle. Le yoga n’était plus « statique » : il était devenu mon refuge, mon outil de transformation.

Comment stimuler Muladhara ?

Il existe plusieurs approches pour activer et harmoniser votre chakra racine :

  • Le yoga : Des postures spécifiques (voir ci-dessous) aident à ouvrir, renforcer et équilibrer ce centre énergétique.
  • La méditation : Visualisez une lumière rouge intense à la base de votre colonne vertébrale. Respirez dans cet espace.
  • Le pranayama : Les techniques de respiration consciente, comme la respiration abdominale profonde, ancrent notre énergie.
  • Mais aussi, bains sonores (fréquence 396 Hz), alimentation enracinante (légumes racines, protéines), contact avec la nature.

Les asanas pour Muladhara

Certaines postures de yoga sont particulièrement bénéfiques pour équilibrer le chakra racine. Voici mes préférées :

Virabhadrasana I, II, III (Les Guerriers) : Ces postures debout puissantes renforcent les jambes et développent force, stabilité et confiance. Elles nous connectent à notre guerrier intérieur.

Vrksasana (L’Arbre) : Un pied enraciné dans le sol, l’autre contre la cuisse, les mains en prière au cœur ou vers le ciel. Cette posture d’équilibre cultive l’ancrage tout en nous invitant à grandir.

Malasana (La Guirlande / Squat profond) : Pieds écartés, descendez en squat profond, mains jointes devant le cœur. Cette position ancestrale ouvre les hanches et active le périnée, siège de Muladhara.

Paschimottanasana (La Pince Assise) : Assis jambes tendues, penchez-vous vers l’avant. Cette flexion avant calme le système nerveux et étire toute la chaîne postérieure du corps.

Mula Bandha (Root Lock / Verrou racine) : Plus qu’une posture, c’est une contraction subtile du périnée qui active directement Muladhara et permet de canaliser l’énergie vers le haut.

Dans mes cours, j’aime particulièrement construire des séquences autour de l’ouverture de hanches, des torsions et des postures d’équilibre, car elles travaillent en synergie pour réveiller et harmoniser ce centre énergétique fondamental.

En conclusion : revenir à l’essentiel

Travailler sur Muladhara, c’est accepter de revenir à l’essentiel. C’est reconnaître que pour s’élever, il faut d’abord s’enraciner. Que la spiritualité ne commence pas dans les nuages, mais ici, maintenant, dans notre corps, nos pieds sur terre.

Mon chemin avec le yoga a commencé par un rejet. Aujourd’hui, je sais que ce rejet était précieux : il m’indiquait exactement où j’avais besoin d’aller. Si vous vous reconnaissez dans mon histoire – si vous aussi vous sentez déconnecté, instable, en quête de sens et de sécurité -, peut-être que Muladhara vous appelle !

Sur le tapis, dans le silence d’une posture tenue quelques respirations de trop, dans cet inconfort qui nous pousse à fuir… c’est là que tout commence. C’est là que nos racines prennent vie.

Et quand nos racines sont solides, nous pouvons enfin fleurir.

Une réponse à « Muladhara, le Chakra Racine : Retrouver ses fondations »

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