Et si le yoga était un espace de rencontre avec soi-même ?
Quand j’ai commencé le yoga, je n’avais pas d’attentes particulières. En 2014, fraîchement diplômée, je partageais mon temps entre le boulot et les sorties entre amis. Je ne consultais rien à son sujet, ne lisais aucun article, ne suivais aucun compte. Pour moi, le yoga était une pratique “sportive” venue d’Inde, souple, gracieuse, mais réservée à une élite parisienne à laquelle je ne m’identifiais pas.
Une première rencontre… brûlante
Invitée par une amie à un cours de hot yoga, j’y vais un peu indifférente. Legging, brassière, t-shirt : je suis prête. Mais je ne savais pas que la salle serait chauffée à 40°C, que le cours suivrait la méthode Bikram, avec un enchaînement intensif. La séquence était portée par un professeur assez strict. En milieu de cours, je tourne de l’œil, obligée de sortir pour prendre l’air. Ce n’était pas pour moi.
Les années passent. Je découvre les exigences du monde du travail, le stress, – exacerbé par mon manque d’expérience et de repères – et les injonctions managériales. On me conseille à nouveau le yoga. Cette fois, dans le cadre de l’entreprise, je découvre une pratique simple, accessible, bienveillante. Mon intérêt renaît.
Je papillonne ensuite entre studios, cours ponctuels, sans régularité. Le travail importe plus. J’y vais quand j’ai le temps. Ce n’est pas un manque d’envie, mais disons que je me laisse porter la vie.
Puis vient le Covid. Confinée entre quatre murs, je me demande pourquoi je subissais autant ? Pourquoi je n’ai pas pris le temps auparavant de développer mon monde intérieur, d’être plus active dans mes choix de vie.
« Claustrophobique », je cherche des solutions à mon mal-être. Je découvre le yoga d’Adriene sur YouTube. Cette pratique se relève comme un baume au cœur. Une pratique qui n’est pas une solution miracle, mais qui petit à petit, apaise mes angoisses, la solitude, et la peur de perdre mes proches.
Je découvre – enfin – ce qu’on entend par Yoga = Union. Pas quelque chose de mystique, mais une union concrète : celle du corps et du souffle, du mouvement et du silence. Même quand tout s’agite autour, le yoga m’aide à retrouver un souffle dans le chaos.
Pourquoi je transmets
Je transmets le yoga parce que je crois profondément qu’il peut changer une vie. Pas en un jour, ni par miracle, mais par petites touches, comme des faisceaux de lumière qui éclairent des coins sombres, et qui finissent par éclairer tout un chemin.
Autour de moi, j’ai vu des personnes s’éteindre lentement sous le poids du stress, des traumas, emprisonnées par des schémas de colère ou de tristesse. Des personnes victimes d’addictions, des burn-outs, des silences. Et souvent, elles n’avaient rien vers quoi se tourner. Rien de simple, d’accessible, de régénérant.
Le yoga m’a offert des outils concrets pour traverser ces états. Pour respirer quand tout semble figé. Pour relâcher quand le corps est en tension. Pour revenir à moi quand le monde va trop vite.
Alors je transmets. Pour que d’autres puissent, eux aussi, trouver un espace où se déposer. Même s’ils se sentent incapables. Même s’ils pensent ne pas être “légitimes”. Même s’ils n’ont jamais fait de yoga.
Ce que je propose
Dans ma vie de tous les jours, je m’appuie sur les Yamas et Niyamas – les principes éthiques du yoga : Ahimsa (non-violence), Satya (sincérité), Santosha (contentement), Tapas (discipline) etc. J’y trouve la source d’inspiration pour mes cours.
Sur le tapis, je m’attache à transmettre ces principes sans dogme, comme des invitations à vivre plus en paix, ancrés dans le réel et sans mystification. Avec humilité, je m’applique à transmettre un yoga sans injonction : pas besoin de legging, de sanskrit, de souplesse ou de niveau.
Je vois mes cours comme des sanctuaires. Un espace où chacun·e peut pratiquer sans jugement, bouger librement, respirer, relâcher. J’utilise des images, des métaphores, ou la musique pour inviter à l’introspection et au lien. Car le yoga est une rencontre avec soi, mais aussi avec les autres.
Ce qui me touche le plus ? Quand un·e élève me dit : “Je me sens mieux.” C’est cela, ma boussole.
Pourquoi je continue
Depuis deux ans, j’ai rencontré des centaines de visages, de corps, de histoires. Chaque personne vit la séance à sa manière. Une même séquence peut générer mille effets, mille résonances. Pourtant, à la fin de la séance, nous sommes unis par le partage de cette expérience. Et chaque effet se diffuse, comme une onde, dans la vie de l’élève, puis autour de lui·elle.
Transmettre le yoga, c’est offrir un outil concret. Un outil qui aide à respirer, à se réguler, à se reconnecter à soi, mais aussi aux autres. Comme il m’a aidée, moi, à traverser mes angoisses, à sortir la tête de l’eau, à retrouver le souffle dans tout le corps. Et cet effet-là peut se démultiplier à l’infini.
Conclusion
Je transmets le yoga parce que je sais qu’il peut faire du bien. Parce que je l’ai vécu. Parce que je l’ai vu, chez moi ou chez les autres. Et parce que je veux que chacun·e puisse y avoir accès, sans peur, sans complexe, sans condition.
Le yoga n’est pas réservé. Il est offert. Il est simple. Il est vivant. Et je suis là pour le transmettre 🙂
En photo ci-dessous : formation 300h Yoga en 2022, Fontainebleau

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